ANFORM GUADELOUPE N85

64 anform ! • juillet - août 2019 “Partir pour mieux revenir !” Mon départ s’est fait dans une relative précipitation,car je n’ai pas été accepté dans la filière à laquelle je prétendais ici. Mes parents m’ont alors proposé de partir faire des études médicales dans une faculté en Espagne. Afin de faire mon choix, je suis parti 1 semaine à Madridavec ma mère.Le pire reste le jour du départ.Rien ne nous prépare à quitter notre île, notre famille. Il a fallu ensuite tout prévoir (appartement, voiture, visa étudiant, assurance maladie), et tout cela en Espagnol ! Cela fait maintenant 3 ans que je suis installé à Madridet je ne regrette pas du tout.Je m’y sens bien.Bien sûr, cela n’aurait pas été pos- sible sans le soutien de mes parents. Leurs conseils ont été très importants : faire attention à mes fréquentations, toujours avoir une pièce d’identité sur moi quandje me déplace… Les nouvelles technologies nous permettent de rester proches mais on a toujours des petits coups de blues durant l’année oùon se demande ce qu’on fait là. Mais il faut bien partir pour mieux revenir ! Vincent, 23 ans. © ISTOCKPHOTO “Un déchirement” J’ai quitté la Guadeloupe le 5 juillet 2017, c’est le jour le plus triste de ma vie ! Je n’y étais pas mentale- ment et émotionnellement préparé. Un vrai déchirement pour nous qui n’avions jamais été séparés plus de 3 semaines. J’ai eu la chance de partir avec mon père, mais il est reparti 3 semaines avant ma rentrée. Pour la première fois de ma vie, il n’y avait personne en rentrant à la maison. Bien qu’avec le temps on apprend à s’y faire, ça pèse. Les premiers temps à Paris furent diffi- ciles, m’acclimater à la ville, à un mode de fonctionnement complètement différent de la Guadeloupe, apprendre à s’occuper seul de la maison... J’ai eu la chance de revenir deux fois en Guadeloupe.Les arrivées sont toujours heureuses et les départs toujours aussi douloureux,comme une plaie qu’on rouvre, ça ne cicatrise jamais vraiment.On compense par des appels vidéo, on s’appelle plusieurs fois par jour et cela nous rassure. Jean-Christophe, 24 ans.

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